La Résidence Sans Souci fête ses 50 ans !
La Résidence Sans Souci vient de fêter son demi-siècle. Une belle évolution dans l'accueil.
Le point avec la directrice Sylviane PLENNEVAUX.
Sylviane PLENNEVAUX, vous êtes la direction de la Résidence Sans Souci qui fête son cinquantième anniversaire. Comment se porte votre institution gérée par le CPAS de Bastogne ?
Il faut avouer que nous avons toujours une liste d'attente pour rejoindre les 106 places disponibles, 71 MR (maison de repos) et les 35 MRS (maison de repos et de soins). Et, comme nous sommes une maison de repos communale, la priorité est octroyée aux habitants de la commune. Les demandes sont relativement stables, même s'il faut remarquer que les résidents arrivent de plus en plus tard. Nous avons des résidents de 60 à 104 ans avec une moyenne d'âge de 86 ans . Certains nous rejoignent pour avant tout briser la solitude, pour se sentir en sécurité. Le facteur social le plus important.
En cinquante ans, la vie dans une maison de repos a bien changé ?
En effet, il y a de plus en plus d'activités qui sont proposées. Je suis logopède de base et j'ai vraiment vu une sacrée évolution. On prend bien sûr soin des corps, mais aussi des esprits. Si un résident participe à des activités, il se sentira mieux, aura moins l'occasion de gamberger et donc de moins penser à ses soucis physiques. Et ces animations, cela ne vient pas qu'au niveau des services paramédicaux.
Est-ce que cela se remarque aussi dans la formation de votre personnel ?
Proposer une animation par jour, c'est une obligation. Et on doit aussi l'imaginer dans tous les secteurs, même dans le cantu. Mais ce n'est pas toujours possible d'avoir le personnel pour réaliser ces activités. La formation de soignante devrait intégrer cette thématique.
Mais il n'est pas facile de trouver du personnel.
On fait ce qu'on peut, on doit s'adapter. On a cependant la chance d'être au-dessus des normes, mais il y a aussi des périodes plus compliquées pour organiser le travail comme la période de vacances où on se retrouve à flux tendu. La proximité du Luxembourg ne favorise pas le recrutement, mais on remarque aussi que l'aspect contraignant (avec le travail de week-end) refroidit aussi certaines vocations. On doit parfois remplacer le personnel d'aide soignant par des éducateurs de soins, pas pour réaliser les soins, mais pour l'expliquer aux résidents qui peuvent encore faire des soins (comme sa toilette). Il suffit parfois de leur rappeler ce qu'ils doivent faire. Notre ligne directrice est "Tout faire pour eux, mais rien à leur place".
À 50 ans , la maison de repos Sans Souci a-t-elle encore des projets ?
Toujours. Nous venons d'aménager le parc et le chemin devant le bâtiment pour plus d'accessibilité aux résidents. On a créé un terrain de pétanque et la chèvre est de retour (rires). On travaille aussi à refaire l'installation pour les appels à l'infirmière. Les résidents auront également un bracelet pour ouvrir les portes, ce qui améliorera le suivi. Et on a encore d'autres projets dans les cartons. Heureusement on est bien soutenu pour améliorer la qualité de vie des résidents et de travail pour le personnel.
Une bonne gestion de la canicule
La maison de repos Sans Souci a dû gérer, comme partout, la canicule de cet été. "Nous n'avons pas connu plus de décès spécifique à la chaleur, précise Sylviane PLENNEVAUX. Nous pouvons compter sur deux salles climatisées et nous avons acquis des ventilateurs pour les communs. Cependant, les résidents n'apprécient pas cela car ils ont rapidement froid. Nous avons également effectué les tournées d'eau grâce à la Croix-Rouge, à des bénévoles, à du personnel pas toujours dévoué à cette tâche. Grâce à l'opération "Été solidaire", onze jeunes étaient sur le pont. Nous avons aussi servi de la glace, de la pastèque. Le médecin a aussi réalisé un suivi plus régulier. Nous avons pris de bonnes mesures. Cela nous a permis de passer plus facilement cet épisode.
"Vous êtes la mémoire de notre commune"
Résidents, familles, anciens membres du personnel, ils avaient tous répondu à l'invitation de la Résidence Sans Souci pour un repas et la fête académique pour fêter ce demi-siècle d'accueil des seniors. Le président du CPAS, gestionnaire des lieux, Jean-Michel GASPARD a tout d'abord salué aussi les 50 ans des centres de l'aide sociale (CPAS), puis a voulu rappeler les différentes étapes et des personnes qui ont marqué l'institution.
Un hospice se trouvait près de la maison Gustave DELPERDANGE, tenue par les Sœurs des pauvres de Saint-François. Le projet a été lancé de créer une maison de repos et, grâce à la générosité de legs de Fortuna NANIONT, Marthe ADAM et Julie VERLAINE (toujours fleuries à la Toussaint). Au départ, le projet de résidence devait être construit à la rue des Genêts, puis c'est finalement aux abords de l'hôpital qu'il a trouvé place. Et c'est le 20 novembre 1976 que la maison de repos a ouvert ses portes avec 81 lits. Une nouvelle aile ouvrira en 2018 pour passer à 106 lits.
Le président Jean-Michel GASPARD a voulu saluer le travail de chacun à travers ces années, mais aussi adresser un message aux résidents. "Vous êtes la mémoire vivante de notre commune. Vos sourires, vos parcours, et la confiance que vous nous accordez légitiment chaque euro investi et chaque décision prise." Et de conclure en annonçant que des projets d'agrandissement et d'amélioration sont dans les cartons "mais nous ne pourrons les réaliser qu'en respectant les réalités budgétaires qui s'imposent à nous."
Interview : Thierry LEFEVRE
L'Avenir - Mardi 29 septembre 2026